Les dérives des supporters ont imposé de nouvelles règles autour des terrains de football. Le FC Lorient est ainsi à l'origine de la création d'une société privée de sécurité, dont Olivier Melo, le fondateur est devenu un Merlu convaincu.Olivier Melo, que signifie SGS, le sigle de la société dont vous êtes le patron ? Au départ, c'était Surveillance Gardiennage Sécurité. Depuis 2003, il est le logo de la Société de Gestion de Services. Quels services ? Du gardiennage, de nuit ou de jour, par conducteurs de chiens, de bâtiments industriels ou de sites commerciaux ; la surveillance, par agents de sécurité, de centres commerciaux, le filtrage d'accès à des événements (spectacles, festivals...); la mise à disposition d'équipes de sécurité incendie avec mission d'assistance à personnes pour des établissements recevant du public tels que le palais des congrès, le parc des expositions... ou le stade du Moustoir. Le Moustoir, justement, vous y travaillez depuis combien de temps ? Depuis le début de l'entreprise. C'est même le FC Lorient qui a été le point de départ de la société, en 1998. De quelle manière ? Je travaillais alors déjà pour le club au sein d'une petite équipe de bénévoles qui assuraient le filtrage aux portes du stade. La ligue de football professionnel a alors imposé aux clubs d'avoir des salariés chargés de la sécurité ou de faire appel à des entreprises de sécurité privées. Je travaillais déjà dans ce domaine (portier de boîtes de nuit). Louis Le Gallo, alors président, m'en a parlé. Mon ami Yannick Gey est alors devenu salarié du club en tant que responsable de la sécurité, quant à moi j'ai monté cette entreprise dont le FCL était le premier client. Dix ans après, est-il toujours le premier ? Dans le coeur, certainement, car je sais ce que je lui dois. Il y a une reconnaissance indiscutable. Dans l'échelle d'importance de vos clients, à quel rang le placez-vous ? Entre l'hôtel des ventes Guignard et la grande surface de bricolage Leroy-Merlin : au deuxième rang. Il représente environ 25 % du chiffre d'affaires annuel de la société (1,4 M € en 2008). Combien cela représente-t-il d'emplois ? Nous sommes passés de 15 personnes, au début, à 180 salariés, aujourd'hui, mobilisés pour les matches les plus importants. Dimanche, pour le match contre Nancy, il y en aura quelque 150 sur le pont. Comment ces agents seront-ils répartis ? Une vingtaine au filtrage du périmètre de sécurité et à la gestion des parkings ; une quinzaine pour l'encadrement ; 90 pour les palpations de sécurité aux portes du stade, les stewards autour du terrain (les stadiers ne dépendent pas de la société mais du club, mais nous travaillons en étroite collaboration) ; deux personnes pour la vidéosurveillance constante des tribunes et des abords du stade ; une équipe de sécurité incendie et assistance à personnes ; dix personnes pour la gestion de l'accueil des supporters visiteurs (ce nombre peut aller jusqu'à 25 ou 30 pour certains matches considérés plus « à risques ») ; 30 personnes pour la surveillance des espaces privés (loges, chapiteaux, club passion, club Merlus Entreprises...). Votre mission vous laisse-t-elle le temps de voir les matches ? J'ai la chance de pouvoir compter sur une structure des gens très professionnels, une structure rodée et très impliquée, ce qui me laisse le temps de voir, non pas les matches, mais des bribes de matches. Mais l'essentiel n'est pas là. C'est de participer à l'événement. On vous sent très impliqué. Bien sûr. Étant donné l'importance que joue le FCL dans ma vie professionnelle et dans celle de mon entreprise. Et puis, c'est dans l'esprit de la société de s'inscrire dans la durée auprès de ses clients, en s'impliquant au maximum. Sur le plan personnel, ensuite, je me mets aussi bénévolement au service du club dans la mesure de mes capacités. En faisant le lien, par exemple, avec mes relations extérieures, pour tenter d'amener d'autres partenaires vers le club. C'est votre passion du foot qui vous a mené au FCL ? Pas du tout. À l'origine, je suis rugbyman. Et j'ai mis un certain temps à bien comprendre les règles, la tactique du foot. Peu à peu, je me suis pris au jeu et surtout à celui de Christian Gourcuff. Aujourd'hui, je suis un mordu de foot, au plutôt des Merlus. Je peux également vous dire que bon nombre des agents qui oeuvrent au Moustoir, s'ils ont un devoir de réserve, sont de fervents supporters du FCL.